
Programme de la soirée:
- PHEP SU – Cérémonie de bienvenue destinée à l’accueil d’un hôte.
- KHADRO TENSHUK – Prière de longue vie
- KYABDRO SEMKYE – Prise de Refuge et génération de la pensée altruiste.
- SHA-MA – Danse rituelle du Cerf et du Buffle (Cham)
- TRUESO – Rituel de purification
- DUR DAK – Danse rituelle des Seigneurs du Charnier (Cham)
- KUNRIK – Le Parfait-Omniscient (méditation tantrique)
Intermède
- BAKSHI – Danse rituelle des Seigneurs de la Mort (Cham)
- KANGSO – Accomplissement des Désirs Divin (méditation)
- TAKSEL – L’Art du Débat ( joutes philosophiques et débats dialectiques)
- SHANAK – Danse rituelle des Chapeaux Noirs (Cham)
- SHIJOE – Prières et dédicaces
Avec : Kelkhang Rimpoché, Kachen Lobsang, Vén. Thupten Wangchuk, Vén. Ngawang
Lobsang, Vén. Jampa Lama, Vén. Jampa Tashi, Vén. Lobsang Samdup, Vén. Lobsang Dhonden et
Vén. Lobsang Gyaltsen (Interprète).
Le monastère de Tashi Lhunpo:
Fondé en 1447 par sa Sainteté le
Ier Dalaï-Lama, Gyalwa Gedun Drup, le monastère de Tashi Lhunpo est
aujourd’hui le siège des Panchen Lamas, deuxième plus importante
figure religieuse de l’Himalaya bouddhiste. Avant les événements de
1959, le monastère de Tashi Lhunpo était l’un des plus florissants centres
religieux du Tibet central offrant éducation et protection à plus
de 7000 moines. Les moines y recevaient les enseignements du
Bouddha et la chaleur d’un foyer, ceci jusqu’à la fin de leurs jours. Au
XVIIème siècle, Sa Sainteté le Vème Dalaï-Lama fit don du monastère
de Tashi Lhunpo à son maître spirituel, le IVème Panchen Lama,
prophétisant dans la foulée les réincarnations successives de ce
dernier.
Au cours des siècles, le monastère de Tashi Lhunpo ne tarda pas
à devenir un pôle important de la vie religieuse du Tibet, garantissant,
d’une part, la transmission du bouddhisme mahayaniste et tantrique,
et assurant, d’autre part, la formation de nombreux érudits.
A l’instar de la plupart des centres monastiques du toit du
monde, le monastère de Tashi Lhunpo devait souffrir de l’invasion du
Tibet par la Chine communiste. Il devient alors le centre d’enjeux politiques
sans précédent, poussant une poignée de moines à prendre la
dangereuse voie de l’exil sous l’intensification de la répression. Quant
à son hiérarque, le Xème Panchen Lama, il devait payer le prix d’une
pétition dénonçant les violations d’un régime communiste qui se
voulait pourtant libérateur par 14 années de détention et d’humiliation
jusqu’à son étrange décès en 1989.
C’est en 1995 que le Dalaï-Lama reconnaît officiellement
Gedun Choekyi Nyima comme étant la réincarnation du précédent
Panchen Lama, provoquant une réaction immédiate du gouvernement
de Beijing. Trois jours plus tard, l’enfant, âgé de 6 ans, et ses parents
disparaissent, ainsi que l’abbé du monastère de Tashi Lhunpo qui avait
contribué à sa découverte. Il faut attendre le 28 mai 1996, plus d’une
année après l’enlèvement pour que le gouvernement chinois reconnaisse
détenir le XIème Panchen Lama, alléguant avoir répondu à l’appel
des parents qui craignaient que des séparatistes ne s’emparent de
leur enfant et attentent à sa vie. Personne à ce jour n’est parvenu à
entrer en contact avec l’un d’eux.
En 1972, le monastère de Tashi Lhunpo s’enracine en terre d’exil,
soutenu par Sa Sainteté le XIVème Dalaï-Lama. Installé dans le sud
de l’Inde, au coeur de l’état du Karnataka, la petite communauté
monastique de Tashi Lhunpo s’est vue croître au cours des ans. A la
vingtaine de tibétains des années septante répondent aujourd’hui 250
moines issus des différentes régions bouddhistes de l’Himalaya,
renouant de la sorte avec la tradition ancestrale du monastère de
Tashi Lhunpo au Tibet.
Tournée européenne 2004:
Depuis quelques années, les moines de
Tashi Lhunpo ont également pris la route de l’Europe et des Etats-Unis
afin de présenter à un public occidental toujours plus curieux les différents
aspects de leur patrimoine spirituel et culturel. Pour la première
fois en Suisse, ils vous feront découvrir les différents instruments
de musique des liturgies bouddhistes, l’art des débats
philosophiques ainsi que le Cham, danses sacrées, tels qu’ils sont
encore pratiqués dans la plupart des grands centres monastiques tibétains.
C’est au Vème Dalaï-Lama (1617-1682) que l’on doit d’avoir
codifié ces danses sacrées dans son Cham Yig afin d’en assurer une
correcte transmission. Cependant, l’origine de ces rituels spectaculaires
paraît remonter au VIIIème siècle de notre ère, bien qu’aucun
document ne permette de l’attester avec certitude. Il faut attendre le
XVème siècle pour que ces danses deviennent publiques, offrant la
possibilité à un auditoire non initié d’assister à de véritables épiphanies
divines. L’apparition des divinités protectrices diffère pourtant
d’un monastère à l’autre selon l’objet du rite et l’ordre monastique qui
lui sont propres.
Un Cham est toujours l’expression d’une révélation, d’un songe
durant lequel un grand maître a vu une divinité, sa suite et une chorégraphie
particulière. Après avoir rédigé une partition incompréhensible
pour quiconque n’a pas été initié, il met en mouvement la vision
de cette divinité et transmet son exécution à ses disciples. Les évolutions
« chorégiques » des moines-danseurs, parés d’habits somptueux
et masqués, sont accompagnées d’un texte liturgique et des instruments
de la musique religieuse (cors, cymbales, hautbois, tambours et
trompes télescopiques). De ce fait, chaque danse rituelle est un événement
unique inscrit au sein d’une tradition monastique et transmis de
génération en génération.
Durant leur tournée européenne, les moines-danseurs de Tashi
Lhunpo présentent des versions abrégées de ces rituelles spectaculaires
et des chants sacrés tel qu’ils sont entonnés lors des prières
quotidiennes.
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